Euh... c'est quoi ça ? Une ogresse ? d'où elle sort elle ? Et le prince, son père s'est marié pour les biens de la famille de son épouse ? C'est un conte de fée ça ? Et ce prince qui cache sa femme et qui ment à ses parents pfff...
Non sans blague, moi "La Belle au bois dormant", c'est Walt Disney quoi !
Alors retrouver dans l'histoire le gentil, l'aide, le méchant, les différentes étapes... Quand on sait que la princesse finalement n'a rien fait après avoir été assez bête pour aller se piquer un doigt, et le Prince qui n'est arrivé là que par curiosité suite à un commérage et qui va cacher sa famille pour finalement la confier à sa mère ogresse, mais où va-t-on ! Et c'est supposer être un héros ?
Non sans blague, je vais rendre mon travail après l'avoir fait 2 fois : la première j'y ai mis les réponses que tout les monde attendait, et la seconde j'ai fait comme je le pensais vraiment, à quelque chose près, nous verrons bien si je suis recalée !
Voici la véritable histoire de La Belle au Bois Dormant pour ceux qui, comme moi, ne la connaissaient pas...
Il
était une fois un roi et une reine qui étaient si fâchés de n'avoir point
d'enfants, si fâchés qu'on ne saurait dire. Ils allèrent à toutes les eaux du
monde, vœux, pèlerinages, menues dévotions; tout fut mis en œuvre, et rien n'y
faisait. Enfin pourtant la reine devint grosse, et accoucha d'une fille : on fit un beau baptême; on donna pour marraines à la petite princesse
toutes les fées qu'on pût trouver dans le pays (il s'en trouva sept) , afin que
chacune d'elles lui faisant un don, comme c'était la coutume des fées en ce
temps-là, la princesse eût par ce moyen toutes les perfections imaginables.
Après
les cérémonies du baptême toute la compagnie revint au palais du roi, où il y
avait un grand festin pour les fées. On mit devant chacune d'elles un couvert
magnifique, avec un étui d'or massif, où il y avait une cuiller, une
fourchette, et un couteau de fin or, garni de diamants et de rubis. Mais comme
chacun prenait sa place à table. On vit entrer une vieille fée qu'on
n'avait point priée parce qu'il y avait plus de cinquante ans qu'elle n'était
sortie d'une tour et qu'on la croyait morte, ou enchantée. Le roi lui fit
donner un couvert, mais il n'y eut pas moyen de lui donner un étui d'or massif,
comme aux autres, parce que l'on n'en avait fait faire que sept pour les sept
fées. La vieille crut qu'on la méprisait, et grommela quelques menaces entre
ses dents. Une des jeunes fées qui se trouva auprès d'elle l'entendit, et
jugeant qu'elle pourrait donner quelque fâcheux don à la petite princesse,
alla, dès qu'on fut sorti de table, se cacher derrière la tapisserie, afin de
parler la dernière, et de pouvoir réparer autant qu'il lui serait possible le
mal que la vieille aurait fait.
Cependant
les fées commencèrent à faire leurs dons à la princesse. La plus jeune lui
donna pour don qu'elle serait la plus belle du monde, celle d'après qu'elle
aurait de l'esprit comme un ange, la troisième qu'elle aurait une grâce
admirable à tout ce qu'elle ferait, la quatrième qu'elle danserait parfaitement
bien, la cinquième qu'elle chanterait comme un rossignol, et la sixième qu'elle
jouerait de toutes sortes d'instruments à la perfection. Le rang de la vieille
fée étant venu, elle dit en
branlant la tête, encore plus de dépit que de vieillesse, que la princesse se percerait la main
d'un fuseau, et qu'elle en mourrait.
Ce
terrible don fit frémir toute la compagnie, et il n'y eut personne qui ne
pleurât. Dans ce moment la
jeune fée sortit de derrière la tapisserie, et dit tout haut ces paroles
: "Rassurez-vous, roi et reine, votre fille n'en mourra pas : il est vrai
que je n'ai pas assez de puissance pour défaire entièrement ce que mon ancienne
a fait. La princesse se percera la main d'un fuseau; mais au lieu d'en mourir,
elle tombera seulement dans un profond sommeil qui durera cent ans, au bout
desquels le fils d'un roi viendra la réveiller."
Le
roi, pour tâcher d'éviter le malheur annoncé par la vieille, fit publier
aussitôt un édit, par lequel il défendait à tous de filer au fuseau, ni d'avoir
des fuseaux chez soi sous peine de mort. Au bout de quinze ou seize ans, le roi
et la reine étant allés à une de leurs maisons de plaisance, il arriva que la
jeune princesse courant un jour dans le château, et montant de chambre en
chambre, alla jusqu'au haut d'un donjon dans un petit galetas, où une bonne
vieille était seule à filer sa quenouille. Cette bonne femme n'avait point
entendu parler des défenses que le roi avait faites de filer au fuseau.
-"Que faites-vous là, ma bonne femme ?" dit la princesse.
-" Je file, ma belle enfant" lui répondit la vieille qui ne la connaissait pas.
-" Ha ! que cela est joli" reprit la princesse, " comment faites-vous ? Donnez-moi que je voie si j'en ferais bien autant."
Elle n'eut pas plus tôt pris le fuseau, que comme elle était fort vive, un peu étourdie, et que d'ailleurs l'arrêt des fées l'ordonnait ainsi, elle s'en perça la main, et tomba évanouie.
-"Que faites-vous là, ma bonne femme ?" dit la princesse.
-" Je file, ma belle enfant" lui répondit la vieille qui ne la connaissait pas.
-" Ha ! que cela est joli" reprit la princesse, " comment faites-vous ? Donnez-moi que je voie si j'en ferais bien autant."
Elle n'eut pas plus tôt pris le fuseau, que comme elle était fort vive, un peu étourdie, et que d'ailleurs l'arrêt des fées l'ordonnait ainsi, elle s'en perça la main, et tomba évanouie.
La
bonne vieille, bien embarrassée, crie au secours : on vient de tous côtés, on
jette de l'eau au visage de la princesse, on la délace, on lui frappe dans les
mains, on lui frotte les tempes avec de l'eau de la reine de Hongrie; mais rien
ne la faisait revenir. Alors le roi, qui était monté au bruit, se souvint de la
prédiction des fées, et jugeant bien qu'il fallait que cela arrivât, puisque
les fées l'avaient dit, fit mettre la princesse dans le plus bel appartement du
palais, sur un lit en broderie d'or et d'argent. On eût dit d'un ange, tant
elle était belle; car son évanouissement n'avait pas ôté les couleurs vives de
son teint : ses joues étaient incarnates, et ses lèvres comme du corail; elle
avait seulement les yeux fermés, mais on l'entendait respirer doucement, ce qui
montrait bien qu'elle n'était pas morte. Le roi ordonna qu'on la laissât
dormir, jusqu'à ce que son heure de se réveiller fût venue.
La
bonne fée qui lui avait sauvé la vie, en la condamnant à dormir cent ans, était
dans le royaume de Mataquin, à douze mille lieues de là, lorsque l'accident
arriva à la princesse; mais elle en fut avertie en un instant par un petit
nain, qui avait des bottes de sept lieues (c'était des bottes avec lesquelles
on faisait sept lieues d'une seule enjambée) . La fée partit aussitôt, et on la
vit au bout d'une heure arriver dans un chariot tout de feu, traîné par des
dragons. Le roi lui alla présenter la main à la descente du chariot. Elle
approuva tout ce qu'il avait fait; mais comme elle était grandement prévoyante,
elle pensa que quand la princesse viendrait à se réveiller, elle serait bien
embarrassée toute seule dans ce vieux château.
Voici
ce qu'elle fit : elle toucha de sa baguette tout ce qui était dans ce château (hors le roi et la
reine) , gouvernantes, filles d'honneur, femmes de chambre, gentilshommes,
officiers, maîtres d'hôtel, cuisiniers, marmitons, galopins, gardes, suisses,
pages, valets de pied; elle toucha aussi tous les chevaux qui étaient dans les
écuries, avec les palefreniers, les gros mâtins de basse-cour, et Pouffe, la
petite chienne de la princesse, qui était auprès d'elle sur son lit. Dès
qu'elle les eut touchés, ils
s'endormirent tous, pour ne se réveiller qu'en même temps que leur maîtresse,
afin d'être tout prêts à la servir quand elle en aurait besoin : les broches
mêmes qui étaient au feu toutes pleines de perdrix et de faisans s'endormirent,
et le feu aussi.
Tout
cela se fit en un moment; les fées n'étaient pas longues à leur besogne. Alors
le roi et la reine, après avoir embrassé leur chère enfant sans qu'elle
s'éveillât, sortirent du château, et firent publier des défenses à qui que ce
soit d'en approcher. Ces défenses n'étaient pas nécessaires, car il crût dans
un quart d'heure tout autour du parc une si grande quantité de grands arbres et
de petits, de ronces et d'épines entrelacées les unes dans les autres, que bête
ni homme n'y aurait pu passer : en sorte qu'on ne voyait plus que le haut des
tours du château, encore n'était-ce que de bien loin. On ne douta point que la
fée n'eût encore fait là un tour de son métier, afin que la princesse, pendant
qu'elle dormirait, n'eût rien à craindre des curieux.
Au
bout de cent ans, le fils
du roi qui régnait alors, et qui était d'une autre famille que la
princesse endormie, étant allé à la chasse de ce côté-là, demanda ce que
c'était que ces tours qu'il voyait au-dessus d'un grand bois fort épais; chacun
lui répondit selon qu'il en avait ouï parler. Les uns disaient que c'était un
vieux château où il revenait des esprits; les autres que tous les sorciers de
la contrée y faisaient leur sabbat. La plus commune opinion était qu'un ogre y
demeurait, et que là il emportait tous les enfants qu'il pouvait attraper, pour
pouvoir les manger à son aise, et sans qu'on le pût suivre, ayant seul le
pouvoir de se faire un passage au travers du bois. Le Prince ne savait qu'en
croire, lorsqu'un vieux paysan prit la parole, et lui dit :
-"Mon prince, il y a plus de cinquante ans que j'ai entendu dire de mon père qu'il y avait dans ce château une princesse, la plus belle du monde; qu'elle devait y dormir cent ans, et qu'elle serait réveillée par le fils d'un roi, à qui elle était réservée."
-"Mon prince, il y a plus de cinquante ans que j'ai entendu dire de mon père qu'il y avait dans ce château une princesse, la plus belle du monde; qu'elle devait y dormir cent ans, et qu'elle serait réveillée par le fils d'un roi, à qui elle était réservée."
Le
jeune prince à ce discours se sentit tout de feu; il crut sans hésiter qu'il
mettrait fin à une si belle aventure; et poussé par l'amour et par la gloire, il résolut de voir sur-le-champ ce
qu'il en était. A peine s'avança-t-il vers le bois, que tous ces grands arbres, ces
ronces et ces épines s'écartèrent d'eux-mêmes pour le laisser passer :
il marche vers le château qu'il voyait au bout d'une grande avenue où il entra,
et ce qui le surprit un peu, il vit que personne de ses gens ne l'avait pu
suivre, parce que les arbres s'étaient rapprochés dès qu'il avait été passé. Il
continua donc son chemin : un prince jeune et amoureux est toujours vaillant.
Il entra dans une grande avant-cour où tout ce qu'il vit d'abord était capable
de le glacer de crainte : c'était un silence affreux, l'image de la mort s'y
présentait partout, et ce n'était que des corps étendus d'hommes et d'animaux,
qui paraissaient morts. Il reconnut pourtant bien au nez bourgeonné et à la
face vermeille des Suisses qu'ils n'étaient qu'endormis, et leurs tasses, où il
y avait encore quelques gouttes de vin, montraient assez qu'ils s'étaient
endormis en buvant. Il passe une grande cour pavée de marbre, il monte
l'escalier, il entre dans la salle des gardes qui étaient rangés en haie,
l'arme sur l'épaule, et ronflants de leur mieux. Il traverse plusieurs chambres
pleines de gentilshommes et de dames, dormant tous, les uns debout, les autres
assis; il entre dans une chambre toute dorée, et il vit sur un lit, dont les
rideaux étaient ouverts de tous côtés, le plus beau spectacle qu'il eût jamais
vu : une princesse qui paraissait avoir quinze ou seize ans, et dont l'éclat
resplendissant avait quelque chose de lumineux et de divin. Il s'approcha en
tremblant et en admirant, et se mit à genoux auprès d'elle.
Alors
comme la fin de l'enchantement était venue, la princesse s'éveilla; et le regardant avec des
yeux plus tendres qu'une première vue ne semblait le permettre : "Est-ce
vous, mon prince ? Lui dit-elle, vous vous êtes bien fait attendre." Le
prince, charmé de ces paroles, et plus encore de la manière dont elles étaient
dites, ne savait comment lui témoigner sa joie et sa reconnaissance; il
l'assura qu'il l'aimait plus que lui-même. Ses discours furent mal rangés, ils
en plurent davantage : peu d'éloquence, beaucoup d'amour. Il était plus
embarrassé qu'elle, et l'on ne doit pas s'en étonner; elle avait eu le temps de
songer à ce qu'elle aurait à lui dire, car il y a apparence (l'histoire n'en
dit pourtant rien) que la bonne fée, pendant un si long sommeil, lui avait
procuré le plaisir des songes agréables. Enfin il y avait quatre heures qu'ils
se parlaient, et ils ne s'étaient pas encore dit la moitié des choses qu'ils
avaient à se dire.
Cependant
tout le palais s'était réveillé avec la princesse; chacun songeait à faire sa
charge, et comme ils n'étaient pas tous amoureux, ils mouraient de faim; la
dame d'honneur, pressée comme les autres, s'impatienta, et dit tout haut à la
princesse que la viande était servie. Le prince aida la princesse à se lever;
elle était tout habillée et fort magnifiquement; mais il se garda bien de lui
dire qu'elle était habillée comme ma grand-mère, et qu'elle avait un collet
monté : elle n'en était pas moins belle. Ils passèrent dans un salon de
miroirs, et y soupèrent, servis par les officiers de la princesse; les violons
et les hautbois jouèrent de vieilles pièces, mais excellentes, quoiqu'il y eût
près de cent ans qu'on ne les jouât plus; et après souper, sans perdre de
temps, le grand aumônier les
maria dans la chapelle du château, et la dame d'honneur leur tira le
rideau : ils dormirent peu, la princesse n'en avait pas grand besoin, et le
prince la quitta dès le matin pour retourner à la ville, où son père devait être en peine de lui. Le
prince lui dit qu'en chassant il s'était perdu dans la forêt, et qu'il avait
couché dans la hutte d'un charbonnier, qui lui avait fait manger du pain noir
et du fromage. Le roi son père, qui était bon homme, le crut, mais sa mère n'en fut pas bien
persuadée, et voyant qu'il allait presque tous les jours à la chasse, et qu'il
avait toujours une raison pour s'excuser, quand il avait couché deux ou trois
nuits dehors, elle ne douta plus qu'il n'eût quelque amourette : car il vécut
avec la princesse plus de deux ans entiers, et en eut deux enfants, dont le
premier, qui fut une fille, fut nommée l'Aurore, et le second un fils, qu'on
nomma le Jour, parce qu'il paraissait encore plus beau que sa sœur. La reine
dit plusieurs fois à son fils, pour le faire s'expliquer, qu'il fallait se
contenter dans la vie, mais il n'osa jamais lui confier son secret; il la
craignait quoiqu'il l'aimât, car elle était de race ogresse, et le roi ne l'avait épousée qu'à
cause de ses grands biens; on disait même tout bas à la cour qu'elle avait les
inclinations des ogres, et qu'en voyant passer de petits enfants, elle avait
toutes les peines du monde à se retenir de se jeter sur eux; ainsi le prince ne
voulut jamais rien dire. Mais quand le roi fut mort, ce qui arriva au bout de
deux ans, et qu'il se vit le maître, il déclara publiquement son mariage, et
alla en grande cérémonie cherche la reine sa femme dans son château. On lui fit
une entrée magnifique dans la ville capitale, où elle entra au milieu de ses
deux enfants. Quelque temps après, le roi alla faire la guerre à l'empereur
Cantalabutte son voisin. Il
laissa la régence du royaume à la reine sa mère, et lui recommanda vivement sa
femme et ses enfants : il devait être à la guerre tout l'été, et dès
qu'il fut parti, la reine-mère envoya sa bru et ses enfants à une maison de
campagne dans les bois, pour pouvoir plus aisément assouvir son horrible envie.
Elle y alla quelques jours après, et dit un soir à son maître d'hôtel :
-"Je veux manger demain à mon dîner la petite Aurore" .
-" Ah ! Madame" , dit le maître d'hôtel.
-" Je le veux" , dit la reine (et elle le dit d'un ton d'ogresse qui a envie de manger de la chair fraîche) , " et je veux la manger à la sauce-robert."
Ce pauvre homme, voyant bien qu'il ne fallait pas se jouer d'une ogresse, prit son grand couteau, et monta à la chambre de la petite Aurore : elle avait alors quatre ans, et vint en sautant et en riant se jeter à son cou, et lui demander du bonbon. Il se mit à pleurer, le couteau lui tomba des mains, et il alla dans la basse-cour couper la gorge à un petit agneau, et lui fit une si bonne sauce que sa maîtresse l'assura qu'elle n'avait jamais rien mangé de si bon. Il avait emporté en même temps la petite Aurore, et l'avait donnée à sa femme pour la cacher dans le logement qu'elle avait au fond de la basse-cour. Huit jours après, la méchante reine dit à son maître d'hôtel :
-"Je veux manger à mon souper le petit Jour."
Il ne répliqua pas, résolu de la tromper comme l'autre fois; il alla chercher le petit Jour, et le trouva avec un petit fleuret à la main, dont il faisait des armes avec un gros singe : il n'avait pourtant que trois ans. Il le porta à sa femme qui le cacha avec la petite Aurore, et donna à la place du petit Jour un petit chevreau fort tendre, que l'ogresse trouva admirablement bon.
-"Je veux manger demain à mon dîner la petite Aurore" .
-" Ah ! Madame" , dit le maître d'hôtel.
-" Je le veux" , dit la reine (et elle le dit d'un ton d'ogresse qui a envie de manger de la chair fraîche) , " et je veux la manger à la sauce-robert."
Ce pauvre homme, voyant bien qu'il ne fallait pas se jouer d'une ogresse, prit son grand couteau, et monta à la chambre de la petite Aurore : elle avait alors quatre ans, et vint en sautant et en riant se jeter à son cou, et lui demander du bonbon. Il se mit à pleurer, le couteau lui tomba des mains, et il alla dans la basse-cour couper la gorge à un petit agneau, et lui fit une si bonne sauce que sa maîtresse l'assura qu'elle n'avait jamais rien mangé de si bon. Il avait emporté en même temps la petite Aurore, et l'avait donnée à sa femme pour la cacher dans le logement qu'elle avait au fond de la basse-cour. Huit jours après, la méchante reine dit à son maître d'hôtel :
-"Je veux manger à mon souper le petit Jour."
Il ne répliqua pas, résolu de la tromper comme l'autre fois; il alla chercher le petit Jour, et le trouva avec un petit fleuret à la main, dont il faisait des armes avec un gros singe : il n'avait pourtant que trois ans. Il le porta à sa femme qui le cacha avec la petite Aurore, et donna à la place du petit Jour un petit chevreau fort tendre, que l'ogresse trouva admirablement bon.
Cela
avait fort bien été jusque-là, mais un soir cette méchante reine dit au maître
d'hôtel : "Je veux manger la reine à la même sauce que ses enfants."
Ce fut alors que le pauvre maître d'hôtel désespéra de pouvoir encore la
tromper. La jeune reine avait vingt ans passés, sans compter les cent ans
qu'elle avait dormi : sa peau était un peu dure, quoique belle et blanche; et
le moyen de trouver dans la ménagerie une bête aussi dure que cela ? Il prit la
résolution, pour sauver sa vie, de couper la gorge à la reine, et monta dans sa
chambre, dans l'intention de n'en pas faire à deux fois; il s'excitait à la
fureur, et entra le poignard à la main dans la chambre de la jeune reine. Il ne
voulut pourtant point la surprendre, et il lui dit avec beaucoup de respect
l'ordre qu'il avait reçu de la reine-mère.
-"Faites votre devoir" , lui dit-elle, en lui tendant le cou; " exécutez l'ordre qu'on vous a donné; j'irai revoir mes enfants, mes pauvres enfants que j'ai tant aimés"; car elle les croyait morts depuis qu'on les avait enlevés sans rien lui dire.
-"Non, non, Madame, lui répondit le pauvre maître d'hôtel tout attendri, vous ne mourrez point, et vous pourrez revoir vos chers enfants, mais ce sera chez moi où je les ai cachés, et je tromperai encore la reine, en lui faisant manger une jeune biche en votre place."
-"Faites votre devoir" , lui dit-elle, en lui tendant le cou; " exécutez l'ordre qu'on vous a donné; j'irai revoir mes enfants, mes pauvres enfants que j'ai tant aimés"; car elle les croyait morts depuis qu'on les avait enlevés sans rien lui dire.
-"Non, non, Madame, lui répondit le pauvre maître d'hôtel tout attendri, vous ne mourrez point, et vous pourrez revoir vos chers enfants, mais ce sera chez moi où je les ai cachés, et je tromperai encore la reine, en lui faisant manger une jeune biche en votre place."
Il la mena aussitôt à sa chambre, où la
laissant embrasser ses enfants et pleurer avec eux, il alla accommoder une
biche,
que la reine mangea à son souper, avec le même appétit que si c'eût été la jeune
reine. Elle était bien contente de sa cruauté, et elle se préparait à dire au
roi, à son retour, que les loups enragés avaient mangé la reine sa femme et ses
deux enfants.
Un
soir qu'elle rôdait comme d'habitude dans les cours et basses-cours du château
pour y humer quelque viande fraîche, elle entendit dans une salle basse le
petit Jour qui pleurait, parce que la reine sa mère le voulait faire fouetter,
parce qu'il avait été méchant, et elle entendit aussi la petite Aurore qui
demandait pardon pour son frère. L'ogresse reconnut la voix de la reine et de
ses enfants, et furieuse d'avoir été trompée, elle commande dès le lendemain au
matin, avec une voix épouvantable, qui faisait trembler tout le monde, qu'on
apportât au milieu de la cour une grande cuve, qu'elle fit remplir de crapauds,
de vipères, de couleuvres et de serpents, pour y faire jeter la reine et ses
enfants, le maître d'hôtel, sa femme et sa servante : elle avait donné ordre de
les amener les mains liées derrière le dos. Ils étaient là, et les bourreaux se
préparaient à les jeter dans la cuve, Lorsque le roi, qu'on n'attendait pas si
tôt, entra dans la cour à cheval; il était venu en poste, et demanda tout
étonné ce que voulait dire cet horrible spectacle; personne n'osait l'en
instruire, quand l'ogresse,
enragée de voir ce qu'elle voyait, se jeta elle-même la tête la première dans
la cuve, et fut dévorée en un instant par les vilaines bêtes qu'elle y avait
fait mettre. Le roi ne put s'empêcher d'en être fâché, car elle était sa
mère; mais il s'en consola
bientôt avec sa belle femme et ses enfants.
Merci pour ce partage et la découverte de la vraie histoire , ce qui est surprenant !
RépondreSupprimerBon courage pour ta formation
Le Capitaine
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